
Photo de la gare de Gallardon-Pont vers 1900. On voit que le quai devant la gare a depuis été élargi et que les voies ont été déplacées.
La ligne Chartres-Gallardon est référencée 553 000, section n° 48141 catégorie E de 17,800 km du Document de Référence du Réseau Ferré National (R.F.N.).
A ce jour cette voie ferrée est encore ouverte à la circulation ferroviaire.
Avez-vous noté l'importance de la gare de Chartres, autrefois, et de ce qu'on peut appeler l'étoile ferroviaire de Chartres?
En commencant par le nord et en tournant dans le sens des aiguilles d'une montre, il y avait les directions de:
Saviez-vous que la ligne de chemin de fer qui va de Chartres à Illiers-Combray, Brou, Arrou, Courtalain (terminus actuel des trains voyageurs réguliers en provenance de Chartres), puis Droué, Montdoubleau, Savigny-sur-Braye, Béssé-sur-Braye, la Chartre-sur-le-Loir, Château-du-Loir, et qui continue vers Château-la-Vallière, Saumur, Thouars, Parthenay et Niort, était autrefois la ligne qui vous emmenait vers Les Sables-d'Olonne et Bordeaux? Elle appartenait aux chemins de fer de l'Etat, et se terminait au nord à Chartres. En remontant du sud vers Paris, les trains de voyageurs devaient emprunter la ligne par Rambouillet et Versailles vers Paris, qui appartenait à la Compagnie concurrente des Chemins de Fer de l'Ouest, et cela ne convenait pas.
Cette ligne fut mise en service par l'Etat et le P.O en plusieurs étapes:
- section Courtalain-Saint-Pellerin - Bessé/Braye (43.079 km): le 23 mai 1885 par l'Etat.
- section Bessé/Braye - Château-du-Loir (33.017 km): le 31 mars 1879 par le P.O.
Ces deux sections ont cessé le service voyageurs le 5 juillet 1971.
Train express n° 781 (année 1931): Paris-Montparnasse 21.50 - Versailles-Chantiers 22.12/22.16 - Chartres 23.10/23.15 -Courtalain-Saint-Pellerin 0.10 - Château-du-Loir 1.22/1.25 - Saumur-Orléans 2.36/2.40 - Thouars 3.18/3.31 - Parthenay 4.23/4.25 - Niort 5.12/5.40 - Saint-Jean-d'Angély 6.27/6.29 - Saintes 6.55/7.40 - Pons 8.00/8.03 - Jonzac 8.22/8.25 - Saint-Mariens 9.03/9.06 - Saint-André-de-Cubzac 9.26/9.28 - Bordeaux-Benauge 9.49 - Bordeaux-Saint-Jean 9.57.
Cette voie ferrée a été entièrement déposée en 1999 entre Montdoubleau (41) et Béssé-sur-Braye (72) sur 22 kilomètres, et l'on peut dire qu'elle est inutilisable au delà de Courtalain-St-Pellerin en descendant vers le sud, vu la végétation qui y pousse, j'ai été voir récemment. Par contre, jusque 2009 il y avait encore un train quotidien dans chaque sens par le sud jusqu'à Béssé-sur-Braye pour amener des wagons de pâte-à-papier à l'usine-papeterie Arjo-Wiggins (anciennement Arjomari) qui fabrique du papier couché (papier sur lequel on rajoute plusieurs couches avec en particulier du kaolin, pour ajouter de l'épaisseur, pour faire les cartes à jouer ou les couvertures de magazines). Cobcurence routière oblige, les livraisons se font maintenant par camions.
La ligne de Paris à Chartres par Gallardon a été construite par la Compagnie des Chemins de Fer de l'Etat au tout début du XXe siècle. Sur le pont béton de Pont-sous-Gallardon, on peut voir un macaron stylisé où il est écrit "1907". Le tronçon de Chartres à Gallardon fut achevé en 1913. De Gallardon à St-Arnoult-en-Yvelines par Ablis fut achevé en 1917. Il y avait alors deux voies d'un bout à l'autre, la seconde a été démontée à la fin de la 1e guerre, à peine posée, en raison d'un manque crucial d'acier en France.
Après Gallardon en remontant sur Paris, la ligne traversait les communes de Bleury, St Symphorien-le-château, Prunay-en-Yvelines, Ablis, St-Arnoult-en-Yvelines, Rochefort-en-Yvelines, Bonnelles, Limours, Gometz-le-Châtel, Bures-sur-Yvette, Orsay, Villebon-sur-Yvette, puis Massy. Dans ces villes, on voit un peu partout des anciens ponts, viaducs, anciennes gares ou anciens talus qui rappelent l'existence de cette voie ferrée. Pour l'anecdote, le village de Bailleau (sous Gallardon) avait alors deux gares. Elles existent encore: La première au hameau de Pont-sous-Gallardon, et la seconde dans le village de Bailleau, dans la rue dénommée "de l'ancienne gare" à gauche en la descendant.
La ligne fut ouverte au trafic voyageurs de 1930 à 1940.
.
Le 14 juin 1944, il y eut un bombardement du Pont de Bailleau-sous-Gallardon par trois vagues de 12 bombardiers procédant par bombardement massif puis attaque en semi-piqué par 8 chasseurs. 200 bombes, 2 tués, 9 blessés, 12 immeubles détruits, 3 inhabitables et 7 endommagés.
Pendant la 2e guerre mondiale, les trains militaires allemands ne pouvaient pas monter vers Paris par Epernon car le viaduc de Maintenon avait été bombardé: Ils passaient donc par Gallardon. C'est ainsi que le viaduc de Oisème a été lui aussi bombardé. Il a été reconstruit en 1946 mais seulement pour une seule voie.
Voici ici une photo du viaduc de Maintenon durant sa reconstruction, et dans les mêmes dates, la gare de Maintenon (1945):


Le trafic marchandises a continué de Chartres à Gallardon jusqu'en 2000, en particulier avec des wagons de sable (SABLEM) et de céréales (SCAEL). Les derniers trains étaient de petits trains de quelques wagons, non journaliers.
Dans la banlieue parisienne, une bonne partie de l'emprise qui n'a jamais été ferrée, à Fontenay-aux-Roses, Sceaux, Châtenay-Malabry et Massy a été reprise pour la construction du TGV Atllantique.
Voir le très bon article de Wikipédia .
Voir aussi les différentes pages d'Alain Mionnet .
Les traverses, en bois, sont globalement en bon état. Les rails, de type DC (double champignon), 46 kilos au mètre et le matériel de voie est de bonne qualité: 1450 traverses par kilomètre. Le rail Double Champignon, d'origine anglaise, était susceptible d'être retourné sur place verticalement après usure. Cela n'a d'ailleurs jamais été réalisé à grande échelle, le rail n'étant pas forcément symétrique sur son profil. Il est maintenu sur la traverse par l'intermédiaire d'une pièce métallique appelée "coussinet", pièce de liaison souvent en fonte, et est bloqué sur celui-ci par une cale métallique. C'est le coussinet qui repose sur les traverses, la force d'appui étant moindre du fait de la surface importante.
Ce type de rail était beaucoup utilisé sur les régions de l'Ouest et du Sud-Ouest. Il avait été longtemps remis en question, ne supportant pas les vitesses importantes.
Pour info, l'autre système est le rail Vignole, dont la partie inférieure, plate, appuie directement sur les traverses. Notons que les rails ne sont jamais posés exactement verticaux mais toujours légèrement incurvés l'un vers l'autre pour équilibrer les frottements des roues.
Sur les traverses, vous remarquerez de nombreuses têtes de clous, où figurent des chiffres ou des initiales: Il s'agit du millésime de la traverse, et parfois des initiales des poseurs de l'époque.
La voie est envahie par endroits par l'herbe et les ronces, des arbres (platanes et accacias en particulier sur les voies de triage de la gare de Pont) s'y installent. Quelques exploitations de coupe de bois sont pratiquées de temps à autre le long de la voie.
La gare de Coltainville, en bois, a été supprimée en 1997. La halte de Champseru-Senainville demeure avec ses quais répartis de part et d'autre de la voie, sur l'itinéraire de notre vélorail. Elle est habitée.
La gare de Gallardon-Pont, proche de Gallardon mais sur le hameau de Pont-sous-Gallardon, commune de Bailleau-Armenonville, était autrefois au carrefour avec la deuxième ligne de chemin de fer qui venait d'Auneau et qui allait vers Maintenon, Nogent-le-Roi et Dreux, et qui a fonctionné longtemps.
Cette gare, qui appartient à un membre de l'association, avec ses quais qui subsistent en face des silos agricoles, est le départ des vélorails. Elle qui a été un moment le centre de l'étoile à 4 branches de Gallardon, avec une direction vers St Arnoult-en-Yvelines et Massy, une direction vers Auneau-ville, une direction vers Chartres et une direction vers Maintenon puis Dreux. Elle retrouve un peu de passage et de mouvement avec les vélorails. En plus de la voie existante aujourd'hui, il y avait 5 quais et donc 5 voies à cet endroit.
Si vous avez un moment, cliquez ici pour aller voir une autre grande page consacrée plus en détails à l'invraisemblable histoire de la construction et de l'exploitation de cette ligne, qui était à sa construction l'une des plus modernes de France: Pourquoi la ligne a-t-elle été si longue à être construite? Pourquoi l'a-t-on appelée "la ligne maudite"? Nous allons essayer de répondre à ces questions, et à bien d'autres que vous pouvez vous poser. Votre contribution sur le forum pourra être ajoutée.
Ci-dessous la gare d'Illiers (28) au fond et l'hôtel-restaurant de la gare. Aujourd'hui, il est toujours ouvert.

11. emmanuelle Le 17/06/2009 à 14:01
10. Sylvain Le 04/05/2009 à 10:57
9. François, Président Le 19/05/2008 à 12:32
8. Denis Le 16/05/2008 à 19:14
7. Fabien, du vélorail Le 28/04/2008 à 21:08
6. Mathhieu Le 28/04/2008 à 20:06
5. travapeur Le 10/04/2008 à 08:18
4. François webmaster Le 08/04/2008 à 22:39
3. LANGELLIER Le 08/04/2008 à 13:10
2. babet Le 07/01/2008 à 18:37
1. Michel Le 13/11/2007 à 13:16